
Phasmes
Fanny Soriano
Artiste de cirque, Fanny Soriano sort à 20 ans diplômée du Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne avec les félicitations du jury. D’abord comme interprète puis comme chorégraphe, elle travaille sur une forme d'expression artistique qui s'articule autour des disciplines aériennes de cirque, de la danse contact et des performances improvisées. Elle développe une approche nouvelle des techniques aériennes liée aux sensations et aux formes inspirées par la corde lisse, créant ainsi un répertoire original. Elle axe sa recherche sur le dépassement d’un corps qui survit pour aller vers un corps qui vit et qui respire. Ses multiples rencontres et collaborations (Archaos, Cirque Plume, Jacques Rebotier, Cahin-Caha, Collectif AOC…) lui permettent d'expérimenter et d'enrichir son travail artistique. En 2005 elle cofonde la compagnie Libertivore aux côtés de Jules Beckman et crée le spectacle éponyme en 2006 puis Hêtre en 2013. Depuis 2013, des problèmes de santé l’obligent à arrêter son travail de danseuse aérienne. Elle travaille depuis comme regard extérieur ou metteure en scène dans diverses compagnies (Rouge Elea, Compagnie des Corps Parlants Mathilde Monfreux, Timshel) et enseigne régulièrement à l’Académie Fratellini.
« Venant du cirque, mon approche du travail chorégraphique en est très fortement imprégnée. Le rapport à la prouesse et à la virtuosité est très présent. La notion de surpassement, de prise de risques aussi. Quand ces facultés sont mises au service d’un propos, d’une écriture poétique et chorégraphique, il en émane une grande force. Et c’est cette force là que je désire approfondir, explorer, exploiter. »
Fanny Soriano
Date | Nom | lieu |
---|---|---|
Le 29 juillet 2018 | Phasmes Cie Libertivore | Festival Vertical'été - Ascendanse, Mont-Dauphin (05) (Espace public) |
du 26 au 27 juillet 2018 | Phasmes Cie Libertivore | Vaudeville, Portugal, |
du 19 au 22 juillet 2018 | Fractales Cie Libertivore | Biennale Exp-Edition #3 - Transversales, Verdun (Espace public) |
Le 14 juillet 2018 | Hêtre Cie Libertivore | , (Espace public) |
Le 08 juillet 2018 | Hêtre Cie Libertivore | Bonn, Allemagne, (Espace public) |
du 07 au 17 juillet 2018 | Phasmes Cie Libertivore | Festival d'Avignon OFF - Les Hivernales, Avignon (84) (Salle) |
Fanny Soriano
© Tom Proneur
Dans un clair obscur, une mystérieuse entité nous fait face. Empruntant à l’animal, au minéral comme au végétal, cette chimère va muter, se déployer, interagir avec son environnement. Convié à épier cette intimité, le spectateur est saisi par de furtives apparitions : le duo se déploie et se contracte, faisant naître des figures abstraites et évocatrices, tels des phasmes sans queue ni tête… Tour à tour rampants ou galopants, les corps enchâssés frayent avec les mirages et illusions d’optique. L’acrobatie, convoquée par touches, décuple les possibilités et renverse les forces par des jeux d’équilibre et de symétrie, à la recherche d’un centre de gravité commun. L’autonomie, lentement apprivoisée, réaffirme peu à peu la singularité humaine dans cet environnement organique. Sensuel et inquiétant, brutal et fragile, Phasmes puise dans le langage acrobatique développé autour d’un corps matière, malléable et métamorphosable, pour sonder la place de l’homme dans un biotope (sur)naturel.
Fanny Soriano
© DR
Solo de danse aérienne
Une jeune femme s’éloigne peu à peu du monde du réel
et entre dans une forêt de mystères et de songes.
Son corps liane s’approche, s’insinue, se glisse
jusqu’à se fondre dans le bois.
Dans cet instant de solitude elle ne s'enferme pas.
Elle prend du recul, de la hauteur aussi.
Elle rassemble ses forces et ouvre grand les fenêtres,
celles qui donnent sur l'ailleurs et sur l’intime.
Fanny Soriano
[ Fractale : figure dont le tout est semblable à une de ses parties. Forme composée de détails similai-res à des échelles différentes que l'on ne peut pas toujours prévoir ou contrôler. ]
Au sein d’un univers en constante mutation, constellation faite d’éléments sortant de terre, suspendus ou pendulaires, rayonnent cinq individus. Par le langage du cirque et du mouvement dansé, mettant en exergue le potentiel physique décuplé offert par un corps acrobate, ils accompagnent la lente métamorphose de l’environnement dont ils font partie intégrante. Tour à tour corps-objets ou corps-agissant, ils déploient leurs circonvolutions, se confrontent à la matière organique, l’accompagnent, l’esquivent, s’y heurtent ou s’y fondent.
Surgissements, apparitions et disparitions président de concert aux métamorphoses, tantôt de manière imperceptible, tantôt par à coups brutaux.
Telles les fractales, rien ici n’a de début ni de fin, mais fait partie d’un continuum, dont le spectateur ne saisit qu’un instantané. Au sein de cet univers en déliquescence, l’Humanité est portée par une optimiste curiosité de l’altérité et de l’inconnu : car la fin de toute chose, est aussi le commencement d’une autre. En épousant ce biotope sans cesse renouvelé, les corps reflètent l’aléatoire et parfois impactent de manière durables les situations. Toujours ponctué d’une inquiétante étrangeté et de fugaces instants de beauté.
Après Hêtre (2015) et Phasmes (2017), Fractales décline un nouveau volet du travail de recherches de la compagnie Libertivore, autour de la place de l’homme au sein de la Nature en le confrontant cette fois à l’inconstance d’un paysage en transformation.